08.11.2017, 17:33

Drame de Daillon: l'enquête lève plusieurs zones d'ombre

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L'enquête a permis de mettre en lumière plusieurs zones d'ombre.

 08.11.2017, 17:33 Drame de Daillon: l'enquête lève plusieurs zones d'ombre

Justice L’enquête sur le drame touche à sa fin. Elle répond à plusieurs questions fondamentales.

Après plus de quatre ans d’investigations et d’analyses, le Ministère public a envoyé récemment aux parties la communication de fin d’enquête suite au drame de Daillon (voir notre édition de mardi). Nous nous sommes procuré le document qui détaille cette tragique nuit du 2 janvier 2013. L’enquête est parvenue à répondre à plusieurs questions restées en suspens après la tuerie...

Après plus de quatre ans d’investigations et d’analyses, le Ministère public a envoyé récemment aux parties la communication de fin d’enquête suite au drame de Daillon (voir notre édition de mardi). Nous nous sommes procuré le document qui détaille cette tragique nuit du 2 janvier 2013. L’enquête est parvenue à répondre à plusieurs questions restées en suspens après la tuerie qui a coûté la vie à trois personnes et blessé deux autres.

Quel a été l’élément déclencheur?

Difficile d’utiliser le terme «d’élément déclencheur» avec un prévenu qualifié d’irresponsable. L’enquête met cependant en lumière des éléments nouveaux. F. prétendait être un enfant volé à ses parents légitimes et s’efforçait de le prouver. Son tuteur était au courant de cette «croisade». La situation était particulièrement tendue entre F. et son oncle qui vivait à proximité. C’est d’ailleurs lui qui a été le premier et le plus visé (sept tirs contre la maison ainsi que contre le garage et la voiture). «A cause de petits harcèlements et de tant d’années de mensonges et de vol d’enfant», a expliqué F. lors de ses auditions.

Dans quel état était F. le jour du drame?

Les enquêteurs sont parvenus à retracer avec précision le parcours de F. durant cette dramatique journée du 2 janvier. Après s’être levé à 6heures «en pleine forme», F. s’est rendu dans un bar d’Erde à 10heures. Là, il a consommé presque  quatre litres de bière et il est parti à 16 h 30. Il s’est fait amener à Daillon en voiture où il a fréquenté à nouveau deux établissements et bu des bières et de l’abricotine.

Il a quitté le dernier établissement aux alentours de 20h30 et la fusillade a éclaté peu après. Les analyses ont révélé un taux d’alcool évalué entre 1,75 g pour mille et 2,49 g pour mille, soit une valeur médiane de 2g pour mille. Pas de trace récente par contre dans les analyses de cannabis ou de psychotropes donc F. n’était pas sous leur influence au moment des faits. L’enquête précise aussi que F. était un consommateur chronique d’alcool et de cannabis depuis 2005.

Quelles armes ont été utilisées et comment F. se les est procurées?

La perquisition menée juste après le drame au domicile de F. a permis de découvrir «moult armes et accessoires d’armes». L’inventaire établi mentionne des couteaux papillons, un fusil de type mousqueton, un fusil de chasse, des pistolets soft air ou d’alarme, des répliques de pistolets et des baïonnettes. L’enquête relève que, le 2 janvier, F. s’est servi du fusil de chasse et du mousqueton de 1931.

En plus des trente coups tirés ce soir-là, F. disposait encore de 129 cartouches réparties sur lui et à l’extérieur de son domicile. A l’exception du fusil de chasse acheté à la bourse aux armes de Lausanne à un armurier belge en 2006, les autres armes ont été acquises «sans procéder à aucun contrat ou annonce», donc illégalement. A noter qu’une saisie d’armes et de munitions avait déjà été effectuée en 2005 à son domicile. Bilan: 14 objets séquestrés puis restitués ou détruits.

Quel est le parcours de F.?

Beaucoup de choses ont déjà été dévoilées sur le parcours de vie chaotique de F. les jours qui ont suivi le drame. Le dossier de fin d’enquête étaye encore davantage cette situation. Suite au décès d’un proche en 2000 alors qu’il était âgé de 21ans, F. a commencé à fumer du cannabis. En 2004, alors qu’il officie comme capitaine d’infanterie, on lui diagnostique un état anxieux consécutif «à un burn-out survenu en 2003 et qui s’est doublé d’une décompensation anxio-dépressive». F. a ensuite séjourné un mois à Malévoz en mars 2005 où «la notion d’abus d’alcool et de cannabis était bien présente».

En 2009, F. est placé sous tutelle et une rente entière d’invalidité lui est octroyée à la fin 2009. F. est vu par divers spécialistes mais depuis 2010, il n’a plus consulté de psychologue. L’enquête relève que F. vivait comme un marginal et ne fréquentait que peu de personnes. Il passait ses journées entre son domicile, se promenait seul et jouait sur son ordinateur.
Dans le village, selon son tuteur, les gens se plaignaient peu de lui à l’exception de son oncle et de son voisin direct (menacé le soir de la tuerie).      
 


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