19.05.2017, 00:01  

Les défis du salon révèlent une passion de la nature

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expositionDavid Théler, après moult péripéties, admire le bassin qui accueille les grands poissons.

CHASSE ET PÊCHE - Exposer des poissons est un vrai défi logistique que David Théler a relevé pour le salon. Des rivières aux aquariums, 21 espèces indigènes sont présentes dès aujourd’hui à Martigny.

Exposer l’essentiel de la faune piscicole indigène dans un même lieu ne coule pas de source. Loin s’en faut. C’est pourtant le défi qu’a relevé David Théler dans le cadre du salon Passion nature qui se déroule dès aujourd’hui et jusqu’à dimanche au CERM de Martigny. De la rivière à l’aquarium, entre localisation des espèces, captures d’individus, stockage, aménagement des bassins et transport des poissons, les écueils se glissent à chaque étape d’un calendrier serré. Le manager pêche du salon...

Exposer l’essentiel de la faune piscicole indigène dans un même lieu ne coule pas de source. Loin s’en faut. C’est pourtant le défi qu’a relevé David Théler dans le cadre du salon Passion nature qui se déroule dès aujourd’hui et jusqu’à dimanche au CERM de Martigny. De la rivière à l’aquarium, entre localisation des espèces, captures d’individus, stockage, aménagement des bassins et transport des poissons, les écueils se glissent à chaque étape d’un calendrier serré. Le manager pêche du salon remonte le courant avec «Le Nouvelliste» pour mieux expliquer les défis logistiques de ce qui ressemble à une première suisse. Un travail à plein temps durant trois semaines. Explications.

pascal fauchère

1. Le choix des espèces

Il a d’abord fallu dresser l’inventaire des poissons à exposer. «Vu le statut de menace très élevée de certaines espèces comme l’apron, de leur rareté dans le canton comme l’ombre de rivière ou de leur fragilité à survivre dans un aquarium à l’image de la corégone, j’ai dû renoncer à plusieurs espèces», explique David Théler.

2. Difficile travail de prise

Puis, tous les jours entre le 30 avril et le 15 mai, celui qui exploite un bureau privé spécialisé sur les cours d’eau s’est accompagné, pour la capture, des services de quelques amis pêcheurs avec l’appui de gardes-pêche de la région sierroise. Des carpes à la ligne, des chabots à l’électricité, des goujons à la nasse. «En raison de la baisse des températures survenue au début du mois, plusieurs espèces de cyprinidés – les tanches ou les ablettes – ont rejoint les profondeurs des plans d’eau, ce qui a nécessité une grande dose de patience et d’énergie. Une brème, poisson devenu assez rare dans le canton, a pu m’être fournie par un pêcheur professionnel de la baie de Clarens.», confie David Théler.

3. Tenir en captivité des animaux sauvages

L’un des défis majeurs? Maintenir en captivité des animaux sauvages durant plusieurs jours au fur et à mesure de leur capture en attendant que le CERM puisse accueillir l’infrastructure. Car les autres animaux présents au salon sont, à l’image des lamas ou des abeilles, domestiqués. Les poissons, eux, ont dû être stockés dans différents bassins, au sein de la pisciculture sierroise de la Fédération cantonale valaisanne des pêcheurs amateurs à Salquenen. Les loches, les vairons ou les épinoches ont été mis en pension dans un bassin circulaire alors que les carpes ou les chevaines ont été immergées dans un volume de 24 mètres cubes alimenté en permanence par les eaux claires et bien oxygénées du Russubrunnu. «Un soin particulier est dispensé quotidiennement aux poissons avec surveillance d’éventuelles maladies, nourrissage de plusieurs espèces durant la captivité. Les quelques individus n’ayant pas survécu sont sortis des bassins et donnés en pâture aux écrevisses qui seront exposées.» Le cycle de la vie respecté, même en dehors des biotopes…

Plus fort, une espèce exotique vorace et invasive a été stockée en pisciculture dans un… tambour de machine à laver pour éviter tout problème! Un système D rendu possible grâce aux connaissances du pêcheur.

4. Un transport «abrasif»

Un peu comme la chaîne du froid pour les aliments congelés, l’oxygénation de l’eau doit être constante. Le transport est donc délicat de ce point de vue-là.

Autre problème qui se répercute tout au long de la transhumance de la rivière à l’aquarium est la cohabitation entre les animaux. «La peau des perches par exemple est très abrasive. Si d’autres poissons s’y frottent, ils peuvent se blesser et contracter des maladies», explique David Théler qui achemine donc séparément certaines espèces.

5. Et aménager les aquariums…

L’objectif ultime est de présenter au CERM vingt et une espèces indigènes et une exotique, soit 647 poissons dont les deux tiers seront exposés dans six aquariums et un bassin de 40 mètres cubes, les aquariums rappelant les différents «biotopes de cours d’eau» et le grand bassin contenant les poissons d’étangs et de lacs.

David Théler a poussé la coquetterie jusqu’à choisir des essences de bois et de plantes indigènes liées aux milieux piscicoles pour décorer le stand. Un parcours du combattant qui aura également nécessité les autorisations de capture du Service cantonal de la chasse et de la pêche ainsi que la vérification des conditions de vie de la faune aquatique par le Service cantonal des affaires vétérinaires. «Tout le monde a bien joué le jeu. Et c’est tant mieux. Car le stand fera la part belle aux enfants…»

 

Découverte du salon en avant-première avec Jean Bonnard.

«J’ai changé d’avis sur le salon. Je vais venir ce week-end!» déclare, enthousiaste, Jean Bonnard, qui trouvait le projet trop ambitieux donc peu réaliste. Le rédacteur de «Chasse et Nature», la revue des chasseurs valaisans, avoue être «comme un gamin», lors de la visite anticipée qu’il a effectuée. Découverte dans les halles du CERM, en avant-première, à l’heure où tout n’était pas encore visible.

Ils sont réels, bien vivants, les animaux que l’on voit à l’entrée du salon. Des rennes accueillent les visiteurs, donnant à l’événement un petit côté festif. Puis, ce sont les animaux de Bérangère Carron: alpaga, lamas, poneys, âne et chèvres. «Il a une sacrée barbe celui-là», lance notre visiteur. «C’est Alpes, un des plus vieux boucs de Suisse. Il a 8ans.» Un bouc est-il vieux à cet âge déjà? «Non, mais ils ne sont pas gardés aussi longtemps pour éviter la consanguinité. En général, les éleveurs s’en débarrassent.»

Une flèche incite les enfants à suivre un chemin prévu à leur intention. Des petits poussins tout juste sortis de l’œuf, des volailles comme le canard de Barbarie ou la bantam de Pékin. Et puis, les rarissimes chevaux miniatures américains. «Je n’ai jamais vu ça. Je ne savais même pas que ça existait!» s’enthousiasme Jean Bonnard, en découvrant le petit d’un cheval miniature. Le journaliste est aussi ravi que la classe d’une école de Martigny qui est là également. «Il y a ici la championne du monde de la race», indique Carole Rossier, la propriétaire du plus grand élevage de Suisse de ces miniatures à Chamoson. Rien à voir avec des poneys, ce sont des chevaux, tout petits, mais des chevaux tout de même, mais si cette notion est contestée par certains...

Le salon présente des armes, de chasse notamment. Il y a aussi des arbalètes. «J’y connais rien», reconnaît Jean Bonnard, «c’est génial, il y a même une lunette dessus». Daniel Alain, ancien champion suisse de tir à l’arc olympique, vient à sa rescousse et répond. «En Suisse, c’est interdit de chasser avec ça. Mais aux Etats-Unis, c’est possible. Avec cette arme, on peut tirer un chevreuil à 40 mètres.» Les yeux du chasseur s’écarquillent. «Vous imaginez la braconne avec ça? Sans le moindre bruit…» Il plaisantait. Faut-il le préciser?

Pas de vrai gibier à tirer ce week-end dans les allées du CERM, mais les visiteurs, accompagnés de moniteurs, pourront profiter, gratuitement, de trois pistes de tir pour jouer aux Guillaume Tell, mais sans pomme.

La visite se poursuit. Tout à coup, Jean Bonnard s’exclame: «C’est Miro, le record suisse!» Miro?«Le cerf, là…» Un seize cors apparemment. Impressionnant. Et à côté de ce cerf, huit autres parures. «Ce sont les mues du même cerf qui ont été trouvées avant que l’animal ne soit tiré.»

Le salon présente de nombreux animaux empaillés. Il y a ceux illustrant les fables de La Fontaine qui se retrouvent dans des postures insolites. Il y a aussi des reconstitutions parfaites. «Ce taxidermiste, c’est un champion», lance le connaisseur en parlant de Codourey. Sur ce stand, on découvre le livre «Gibier» du regretté chef Benoît Violier.

Et il y a le stand mis en place par l’ancien chef du Service de la chasse, Narcisse Seppey, et ses animaux incroyables, comme le chamois et la martre albinos. «Ce bois de cerf! Je n’en ai jamais vu d’aussi grand. C’est comme un bras humain!» Et, juste à côté, un cerf mort après avoir reçu une fusée éclairante. Petite précision, le fameux ours de Narcisse, le président d’honneur du salon, n’est exposé qu’en photo...

Impossible de le rater. Le taxidermiste jurassien Christian Schneiter, célèbre pour avoir empaillé la célèbre vache Souris, triple reine cantonale, occupe un stand géant. «C’est la première fois que je présente une exposition de cette taille en Valais.» En plus des animaux empaillés, dont un impressionnant loup noir américain, il présente ses réalisations en résine. «Il y a ici ma dernière pièce, l’aigle royal. C’est une œuvre d’art, il n’y en aura que huit.» Deux exemplaires du prédateur sont visibles à Martigny, le prototype et la réalisation finale, une manière intéressante de découvrir l’élaboration de ces pièces. Un animal n’a pas encore trouvé place sur son socle. «C’est un lièvre. Il est exposé pour la première fois.» Cinq reines de la race d’Hérens entières, réalisées grandeur nature elles aussi, sont là.

Hier, certains stands étaient encore en travaux. D’autres n’avaient pas levé le voile. Malgré tout, le sentiment général est positif. «Je suis impressionné, conclut Jean Bonnard. Il y a vraiment beaucoup de choses à voir. C’est un énorme travail. J’étais sceptique, mais je pense que le salon va marcher.»

 

 

 

 


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