05.12.2017, 23:20

Sur Jérusalem, Trump joue avec le feu

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Donald Trump envisage de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

 05.12.2017, 23:20 Sur Jérusalem, Trump joue avec le feu

Par Philippe Gélie, Washington

PROCHE-ORIENT Le président américain pourrait annoncer prochainement le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv vers la ville sainte, décision reportée depuis 1995.

Lorsque le Conseil de sécurité nationale s’est réuni lundi 27 novembre à la Maison-Blanche, ses membres ne comptaient pas s’attarder sur une question de quasi-routine. Depuis une loi de 1995, chaque président signifie tous les six mois au Congrès qu’il reporte, pour préserver la stabilité internationale, le déménagement de l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

Ce jour-là, Donald...

Lorsque le Conseil de sécurité nationale s’est réuni lundi 27 novembre à la Maison-Blanche, ses membres ne comptaient pas s’attarder sur une question de quasi-routine. Depuis une loi de 1995, chaque président signifie tous les six mois au Congrès qu’il reporte, pour préserver la stabilité internationale, le déménagement de l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

Ce jour-là, Donald Trump devait faire une apparition d’une quinzaine de minutes. Il s’est attardé près d’une heure, se montrant «de plus en plus énervé» envers «les bureaucrates» qui lui recommandaient la prudence. Durant sa campagne, il avait promis de réaliser ce transfert éternellement repoussé.

Après avoir signé un premier report en juin dernier, il estime que le moment est venu de tenir parole. «Il veut montrer qu’il n’est pas comme ses prédécesseurs, qu’il ne se sent pas tenu par ce statu quo qui n’a rien produit depuis des décennies, et il veut plaire à ses alliés juifs et chrétiens évangéliques», souligne Aaron David Miller, ancien négociateur américain pour le Proche-Orient, qui a participé aux efforts de six administrations américaines dans la région.

Jamais reconnue

Lundi soir, Trump a laissé passer la date limite pour signifier au Congrès sa décision sur Jérusalem. «La question n’est pas de savoir si, mais quand» aura lieu le transfert de l’ambassade, répètent ses porte-parole. Une déclaration pourrait intervenir aujourd’hui, attendue avec anxiété à travers le Proche-Orient et dans les chancelleries occidentales. Le roi Abdallah II de Jordanie a passé toute la semaine dernière à Washington à essayer de mettre en garde l’Administration contre les risques de violences et de déstabilisation régionale. Le département d’Etat a envoyé une note à ses ambassades leur recommandant de se préparer à des manifestations d’hostilité.

La question est sensible. La conquête de Jérusalem-Est en 1967 et son annexion unilatérale par Israël en 1980 n’ont jamais été reconnues par la communauté internationale. Tous les efforts de paix ont inscrit le sort de la ville sainte pour les trois religions monothéistes au menu de «négociations finales» entre Israéliens et Palestiniens. Les bureaucrates contre lesquels s’est emporté le président – son secrétaire à la Défense James Mattis, le secrétaire d’Etat Rex Tillerson, le conseiller à la sécurité nationale H.R. McMaster – lui ont fait valoir qu’une décision unilatérale mettrait en danger les diplomates et les militaires américains dans une grande partie du monde.

Atténuer l’explosion

Trump semble les avoir écoutés, mais sans changer d’avis sur le fond. Ses conseillers devaient lui proposer une formule produisant l’effet d’annonce recherché sans nécessairement mettre le feu au Proche-Orient – comme lors de sa «décertification» alambiquée de l’accord sur le nucléaire iranien. En l’espèce, il pourrait signer une nouvelle demande de report, tout en proclamant que les Etats-Unis reconnaissent Jérusalem comme la capitale de l’Etat juif. Ce soutien pourrait se limiter à Jérusalem-Ouest, ne préjugeant pas de la revendication palestinienne sur Jérusalem-Est, ou valider l’exclusivité israélienne sur sa «capitale unifiée». La Maison-Blanche chercherait à atténuer le caractère explosif d’une telle prise de position, qui représente un virage à 180 degrés de la politique américaine, en annonçant un transfert de l’ambassade étalé sur plusieurs années, au-delà même du premier mandat de Trump, selon le «Wall Street Journal». Dans la période intérimaire, l’ambassadeur serait autorisé à s’installer dans les locaux du consulat général à Jérusalem, jusqu’ici dévolu au représentant des Etats-Unis auprès de l’Autorité palestinienne. Le Figaro

Feu vert au décret anti-immigration

La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé lundi l’application dans sa totalité du décret migratoire de Donald Trump. Il s’agit d’une victoire pour le président, qui défendait cette mesure controversée au nom de la lutte contre le Terrorisme.

Le décret, dont c’est la troisième version, fait l’objet d’une intense bataille judiciaire depuis fin janvier avec de multiples rebondissements en première instance et en appel devant diverses juridictions du pays.

Donald Trump a justifié ses trois décrets par des motifs de sécurité nationale. Ses détracteurs, et les juges ayant successivement bloqué leur application, lui reprochent de cibler sans raison et de façon discriminatoire des dizaines de millions de musulmans.

La troisième version du texte, signée le 24 septembre, interdit de façon permanente le franchissement des frontières américaines aux ressortissants de sept pays (Yémen, Syrie, Libye, Iran, Somalie, Corée du Nord et Tchad) et suspend l’entrée dans le pays de responsables gouvernementaux vénézuéliens.

Mais la mesure avait été suspendue le 17 octobre, la veille de son entrée en vigueur, par un juge de Hawaï. Un juge du Maryland a également bloqué la mesure. Le gouvernement, qui avait fait appel de ces décisions, avait obtenu une première victoire en novembre: une cour d’appel de San Francisco a autorisé son application partielle. Dans son jugement de lundi, la Cour suprême a autorisé la mise en application totale du décret, en attendant que la justice d’appel saisie se prononce. ATS

La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé lundi l’application dans sa totalité du décret migratoire de Donald Trump. Il s’agit d’une victoire pour le président, qui défendait cette mesure controversée au nom de la lutte contre le terrorisme.

Le décret, dont c’est la troisième version, fait l’objet d’une intense bataille judiciaire depuis fin janvier avec de multiples rebondissements en première instance et en appel devant diverses juridictions du pays.

Donald Trump a justifié ses trois décrets par des motifs de sécurité nationale. Ses détracteurs, et les juges ayant successivement bloqué leur application, lui reprochent de cibler sans raison et de façon discriminatoire des dizaines de millions de musulmans.

La troisième version du texte, signée le 24 septembre, interdit de façon permanente le franchissement des frontières américaines aux ressortissants de sept pays (Yémen, Syrie, Libye, Iran, Somalie, Corée du Nord et Tchad) et suspend l’entrée dans le pays de responsables gouvernementaux vénézuéliens.

Mais la mesure avait été suspendue le 17 octobre, la veille de son entrée en vigueur, par un juge de Hawaï. Un juge du Maryland a également bloqué la mesure. Le gouvernement, qui avait fait appel de ces décisions, avait obtenu une première victoire en novembre: une cour d’appel de San Francisco a autorisé son application partielle. Dans son jugement de lundi, la Cour suprême a autorisé la mise en application totale du décret, en attendant que la justice d’appel saisie se prononce.


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