12.10.2017, 23:42

La 3e ligue a-t-elle encore un avenir?

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Anniviers et Crans-Montana devraient jouer les premiers  rôles en 3e ligue.

 12.10.2017, 23:42 La 3e ligue a-t-elle encore un avenir?

Par christophe.spahr@lenouvelliste.ch

HOCKEY SUR GLACE Il n’y a plus que six clubs valaisans. Certains n’ont pas assez de joueurs, d’autres manquent d’heures de glace. Cette catégorie est en danger.

Certes, par rapport à la saison passée, le groupe «valaisan» de 3e ligue a passé de six à sept clubs. Mais son avenir ne tient qu’à un fil. Si Château d’Oex n’avait pas accepté de «déménager» en Valais, si Red Ice III n’avait pas trouvé une solution avec la commune après l’incendie de «sa» patinoire à Verbier et si...

Certes, par rapport à la saison passée, le groupe «valaisan» de 3e ligue a passé de six à sept clubs. Mais son avenir ne tient qu’à un fil. Si Château d’Oex n’avait pas accepté de «déménager» en Valais, si Red Ice III n’avait pas trouvé une solution avec la commune après l’incendie de «sa» patinoire à Verbier et si MCHC-PDS – une équipe commune à Monthey et Portes du Soleil – n’avait pas été invité à inscrire une équipe, le groupe aurait peut-être vécu. «Au début des années 1990, il y avait encore un groupe en 4e ligue et deux en 3e ligue en Valais», rappelle Christophe Claivaz. Ils sont nombreux à craindre, après la disparition de la 4e ligue, la fin de la 3e ligue.

 

OUI
Il ne faut donc rien changer à la formule actuelle du championnat Puisqu’ils y sont, autant y rester. A priori, les clubs valaisans sont plutôt satisfaits d’évoluer dans cette catégorie de jeu qui offre certains avantages. «Elle permet aux joueurs d’évoluer dans une ligue uniquement pour le plaisir, sans la pression du résultat», relève Christophe Claivaz (HC Sion-Nendaz III). «Nous avons une équipe de copains qui ne souhaiteraient pas se déplacer dans le Jura ou à Neuchâtel», assure Régis Morand (Red Ice III). «Ça vaut aussi pour nos adversaires. A ce niveau, le but n’est pas de faire deux heures de route. Mais je suis conscient qu’il sera difficile d’être plus que sept à l’avenir.» «Il faut inviter les clubs à inscrire une deuxième, voire une troisième équipe», préconise Philippe Bonvin (HC Crans-Montana).

«Cette ligue évite que nos anciens juniors s’en aillent ou arrêtent le hockey», prévient John Premand (MCHC-PDS). «Le niveau est très bon, plus élevé qu’il y a quelques années», constate Philippe Bonvin (HC Crans-Montana). «Il y a davantage de jeunes qui ont reçu une bonne formation.» «Idéalement, il faudrait que nous soyons dix équipes», relève David Viret (HC Anniviers). «En même temps, nous avons failli être bien moins nombreux encore.»

NON
Il s’agit de trouver des solutions afin qu’il y ait davantage d’équipes «Dans cinq ans, la 3e ligue n’existera plus en Valais», assène John Premand (MCHC-PDS). «Certaines équipes peinent à aligner deux lignes complètes.» «A moyen terme, elle est condamnée», acquiesce David Viret (HC Anniviers). «J’ai même craint que ce soit terminé à la fin de la saison passée.»

Plusieurs clubs pointent du doigt le championnat corporatif. «Il y a eu beaucoup de retraits dans le HautValais où ils ont mis sur pied un championnat interne», regrette Christophe Claivaz (HC Sion-Nendaz III). «Il n’y a plus qu’une équipe dans le Haut alors qu’elles sont vingt en corporatif», constate David Viret (HC Anniviers). «C’est un vrai problème. Mais ça ne peut pas être une solution de remplacement de la 3e ligue. Ça n’a rien à voir avec le hockey pratiqué en championnat. Les joueurs qui ont l’esprit de compétition n’y trouveront pas leur compte.» «C’est certain, ils sont encore assez nombreux à vouloir jouer des matchs officiels», confirme Régis Morand (HC Red Ice III).

«Le problème, ce n’est pas les corporatifs mais le manque de juniors», assure Philippe Bonvin (HC CransMontana).
«Ce sont ces joueurs-là qui nous manquent.»

Deux pistes à étudier

Grossir le groupe en 2e ligue, là où ils ne sont que huit: «L’écart entre les deux catégories de jeu est trop important», craignent tous les responsables. «Le plaisir ne serait plus le même. En 3e ligue, le groupe est assez homogène.» Cette option n’a pas beaucoup de supporters au sein des clubs. «Il y aurait un risque d’appauvrir la 2e ligue», redoute Christophe Claivaz (HC Sion-Nendaz III). «Quelques équipes survoleraient le championnat. Les autres ne toucheraient pas le puck.»

«Je suis sûr que nombre de joueurs rejoindraient à leur tour les corporatifs», soutient John Premand (MCHC-PDS). «Pourtant, ça me paraît être une option sérieuse pour l’avenir», contredit David Viret (HC Anniviers).

Fusionner les groupes en 3e ligue: «C’est la solution que je préconise, inviter quelques Vaudois à nous rejoindre», proposent Christophe Claivaz (HC Sion-Nendaz III) et John Premand (MCHC-PDS). «Ce n’est pas si loin. On pourrait faire deux tours entre nous et un tour face à un autre groupe.»

 

TROIS CLUBS SONT AMBITIEUX, DEUX SONT BEAUCOUP PLUS PRUDENTS

Aucune des cinq formations du Valais romand n’envisage, à court terme, de grimper à l’étage supérieur. Anniviers, Crans-Montana et Sion n’en ont pas moins quelques ambitions. «Nous visons le titre, encore une fois», assure David Viret, responsable et entraîneur du HC Anniviers. «Mais les joueurs ne veulent pas monter. La promotion n’est donc pas à l’ordre du jour. De toute façon, il faudrait qu’on se renforce.» «Grâce au retour de quelques anciens, qui étaient à Sierre jusqu’à la disparition de la «deux», nous pouvons viser une demi-finale, voire la finale, estime Philippe Bonvin, vice-président du HC Crans-Montana. La promotion, c’est prématuré, d’autant que nous n’avons pas de toit. Dans une année, peut-être.» Christophe Claivaz, responsable du HC Sion-Nendaz III, a un favori tout désigné. «Anniviers est au-dessus du lot. Avec nos renforts, nous avons les moyens de nous qualifier pour les play-off, voire de viser le deuxième ou le troisième rang.»

Red Ice II et MCHC-PDS sont moins gourmands. «Pour nous, après l’incendie de la patinoire de Verbier, d’avoir pu trouver une solution avec la Ville de Martigny au niveau des heures de glace au Forum, c’est déjà une victoire», se réjouit Régis Morand. «Au lendemain de l’incendie, notre avenir n’était pas assuré. Nous ne savions plus où nous entraîner et où jouer.» «C’est notre première saison», rappelle John Premand, responsable du MCHC-PDS. «Nous sommes partis avec huit ou neuf juniors. Le but, c’est qu’ils s’aguerrissent au contact des adultes. Ce sera difficile de viser les premières places. Nous bénéficierons de quelques licences B en provenance de la première équipe.»

Cette info, encore. Anniviers pourrait bientôt disposer d’un toit à Vissoie, tout au moins d’une nouvelle surface de glace. «La commune étudie deux projets», confirme David Viret. «La rénovation du système de refroidissement et de la dalle est nécessaire. La pose d’un toit sommaire est une option.»


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